Welcome to the Beautiful South
Tracklist:
La pop britannique des années 80 est une drôle de créature... Si on en dissèque la carapace électro-glacée et qu'on l'ampute de... Hmm, ça suffit, maintenant, les auto-réminiscences, ça n'a qu'un temps... Mais nous voici donc projetés dans les dernières années de la décennie fluorescente... The Housemartins ne sont plus mais leur chanteur-parolier Paul Heaton et leur chanteur-batteur Dave Hemingway n'ont pas dit leur dernier mot... Toujours sur le label so british London/Go Records, ils enrôlent le guitariste David Rotheray, bombardé compositeur et la section rythmique Sean Welch/David Stead, Hemingway délaissant les baguettes pour se concentrer sur le chant... Le Beau Sud est alors prêt à déverser ses mélodies parfois sirupeuses, parfois aigres, en adéquation parfaite avec les paroles de plus en plus acérées d'Heaton sur un Royaume-Uni qui ignore encore qu'il vient de se trouver son nouveau plus grand groupe de tous les temps... Quand le premier album, ci-devant Welcome to the Beautiful South, apparaît dans les bacs, c'est loin d'être gagné... Certes, il y aura toujours les fans des Housemartins pour en écouler quelques copies mais en 1989, la pop sophistiquée, voire complexe, mâtinée de soul classique que servent les cinq trublions tranche beaucoup trop avec le mouvement Madchester alors encore dominant... Résultat des courses, si le premier single (et plage d'ouverture de l'album) "Song for whoever" atteint pour une semaine la deuxième place du top 40 UK, les autres extraits de l'album ne laissent quasiment aucunes traces et le LP lui-même ne réalise pas des scores... De plus, The Beautiful South ne parvient quasiment pas alors à s'extirper hors des frontières de sa Gracieuse... Pourtant, aujourd'hui, avec presque 20 ans de recul, la chose est acquise, The Beautiful South est grand et ce premier album est son prophète... Pour ceux qui touchent leur bille en Shakespearois, voici, pour conclure, et en dessert, quelques extraits du talent littéraire et poétique de Paul Heaton : "Liberate the streets of Europe, give our kids a chance/ Give them Beaujolais by tap and cheap day trips to France/ But you have never seen or smelt this ungodly death/ It's like the stench of roasted lamb upon your father's breath", dernier couplet de "Have you ever been away ?", coup de boule aux jeunes qui rêvent de faire la guerre; "Why don't your videos have dancing girls/ With hips that curve and lips that curl ?/ Legs are where the heartbeat starts/ It's low in neckline and high in charts", dans "Straight in at 37", critique féroce des codes commerciaux de la musique populaire; ou encore, de "Woman in the Wall", petit portrait de l'horreur humaine banale et quotidienne, spécialité récurrente dans l'oeuvre de Paul Heaton et meilleure chanson de ce premier album : "He was just a social drinker but social every night/ He enjoyed a pint or two or three or four/ She was just a silent thinker, silent every night/ He'd enjoyed the thought of killing her before/ / Well he was very rarely drunk but very rarely sober/ And he didn't think the problem was his drink/ But he only knew his problem when he knocked her over/ And when the rotting flesh began to stink"... Inutile donc de vous inciter à acheter (/télécharger) cet album dès que vous en avez l'occasion, vous le ferez par vous-mêmes, à moins que vous n'ayez aucun goût, ça peut arriver...
1 Song for Whoever 6:10
2 Have You Ever Been Away 5:40
3 From Under the Covers 3:59
4 I'll Sail This Ship Alone 4:47
5 Girlfriend 2:55
6 Straight in at 37 4:25
7 You Keep It All In 2:52
8 Woman in the Wall 5:15
9 Oh Blackpool 3:06
10 Love Is 7:00
11 I Love You (But You're Boring) 4:30
Lien direct:
Vous devez vous enregistrer avant de lire ce commentaire.